RECEPTEUR NOSTALGIE 2005



SOMMAIRE


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En décembre 2003 je décrivais un récepteur à réaction à transistors pour la gamme 20 m.

RECEPTEUR 14 MHz

Avec ce récepteur je pensais avoir atteint les meilleurs résultats possibles avec ce type de montage. N’ayant plus réalisé de récepteurs à lampes depuis les années 80, je me suis demandé s’il était possible d’obtenir d’aussi bons résultats avec des tubes. Je me suis alors lancé le défi de construire un récepteur qui aurait pu être réalisé en 1939 ou 1940 par un amateur ayant mes connaissances actuelles. Les résultats ont dépassé les espérances. Malheureusement durant la réalisation de ce récepteur, F9ZS un radioamateur ayant participé activement à la formation des radioamateurs de la région lilloise pendant un demi siècle est décédé. Je lui dédie ce montage.


Le choix du montage était simple : il s’agissait de reproduire avec des lampes le récepteur mis au point avec des transistors. Je rappelle les principales caractéristiques à l’origine des résultats exceptionnels de ce récepteur : étage RF à entrée apériodique sur l’émetteur (cathode), bobine d’accord réalisée en 2 parties sans couplage en utilisant du fil de câblage de diamètre relativement important, utilisation d’un rapport self/capacité faible, importante amplification AF avec le minimum de souffle pour obtenir un niveau sonore plus que suffisant pour l’écoute au casque. Pour le récepteur à lampes trois gammes sont prévues : 20 40 et 80 mètres.


Le choix des lampes était plus difficile. Je voulais n’employer que du matériel n’ayant jamais servi. Il fallait donc des lampes encore disponibles dans le commerce et existant déjà en 1940. La série octale a délibérément été sélectionnée car il s’agit de la série de tubes existant à cette époque la plus répandue. Dans cette série 2 tubes particuliers ont été choisis : étage RF et détecteur 6ac7 (ou 1852), étage AF 6sc7. Le tube 6ac7 est un tube à forte pente créé pour les premières télévisions afin d’obtenir un gain réel dans la partie inférieures des VHF (30 60 Mhz). L’utilisation est donc parfaite pour les gammes désirées. Le tube est déjà présent dans le handbook de l’ARRL de 1939. La 6sc7 est une double triode à grand gain spécialement conçue pour l’amplification AF. Le tube a été utilisé dès 1941 par Hallicrafters (modèle SX-28). Les caractéristiques exactes de ces tubes sont faciles à trouver sur internet. Les équivalences en série novale sont les EF183, EF184, EF80 pour la lampe RF et l’ECC83 pour la double triode AF.


Le schéma de principe est donné figure 1. Le tube RF est utilisé en grille à la masse, ce qui donne une bonne linéarité en dépit du montage apériodique et un isolement exceptionnel entre l’antenne et le circuit oscillant. Il n’y a donc aucune interaction entre l’accord et le réglage du couplage d’antenne. La lampe RF est couplée à la cathode de la lampe détectrice. La résistance de détection de 1 Mégohm est reliée à une tension légèrement positive ce qui facilite l’accrochage sur 20 m. L’amplificateur AF est classique, le transformateur de sortie est un transformateur 5W 240V / 6V. Des découplages important ont été mis pour diminuer au maximum le bruit en basse fréquence provenant de la haute tension. Tous les condensateurs dans les circuits plaques ou haute tension doivent pouvoir tenir au moins 250V.


Le système de commutation présenté figure 2 est extrêmement simple. Deux séries de 3 interrupteurs miniatures choisissent le circuit de cathode et le circuit grille. Pour changer de gamme il faut remettre en position de repos les 2 interrupteurs de la gamme sur laquelle est réglée le récepteur puis de mettre en position de travail les 2 interrupteurs de la gamme désirée. L’utilisation d’interrupteurs élémentaires permet de réaliser facilement les circuits de commutation sans rallonger les connexions.


Les circuits d’accord sont la partie critique du montage. Les bobines sont réalisées en fil de câblage rigide monobrin de 0,2 mm2 de section (diamètre du conducteur 0,5 mm). Il ne faut pas diminuer le diamètre du fil. Elles sont réalisées sur le corps d’un stylo bic ayant 8 mm de diamètre, sauf L2 pour le 80 m. Les connexions de sortie sont torsadées sur 2 tours pour rigidifier les bobines. Elles sont ensuite retirées du bic. Une fois le récepteur mis au point les spires sont solidarisées avec de la colle cyanolite. Les bobines sont « en l’air ». Pour éviter des déformations avec les vibrations elles sont collées à une petite tige réalisée avec du fil 10A non dénudé qui est soudée à la plaque cuivrée. Ceci n’est fait que lorsque le montage est définitvement mis au point. Les bobines doivent être au moins à 2 cm de la plaque cuivrée. Il ne doit pas y avoir de couplage entre les bobines L1 et L2 (4 cm au minimum). Les « choc VHF » servent à éviter des effets de résonance dans la gamme FM. Habitant à proximité d’un réémetteur de stations FM, une simple résonance involontaire due aux connexions suffit à recevoir de façon intempestive ces puissantes stations FM. Les condensateurs indiqués NP0 doivent impérativement respecter cette caractéristique indispensable pour obtenir une stabilité suffisante en fréquence. Le condensateur variable est un condensateur 4 cages AM/FM démultiplié. Il doit être d’excellente qualité. Une cage FM est utilisée sur toutes les gammes. La deuxième cage FM est utilisée pour le 40 m, et une cage AM (120 pF) est utilisée sur 80 m.



Valeurs des bobines (diamètre 8 mm) :

L1 4 spires (20m), 5 spires (40m), 9 spires (80m).

L2 5 spires (20m), 10 spires (40m), 14 spires (80m, sur tube plastic de 14 mm de diamètre).

Choc VHF 10 spires.


Le récepteur est assemblé sur 2 plaques de bakélite cuivrée simple face assemblée en châssis « chaise » (30 x 20 cm). La plaque horizontale est posée, le cuivre vers le bas, sur un U renversé en bois. La deuxième plaque sert de face avant, le cuivre étant situé vers l’extérieur. Elle est fixée et plusieurs endroit : directement au U renversé en bois par l’intermédiaire de 2 équerres, mais aussi à la plaque horizontale à 2 endroits (approximativement 1/3 2/3) toujours par des équerres pour obtenir la meilleure rigidité possible. Les connexions de longueur importante sont avec du fil de 10A dénudé. Des résistances de 10 Mégohm 1/4W (ou 4,7 Mégohm) soudées à la plaque cuivrée servent de bornes de connexion isolées ! Leur résistance est tellement élevée qu’elle peut être considérée comme infinie dans ce récepteur. L’utilisation de support « stéatite » pour les lampes est hautement conseillé.



L’alimentation haute tension (figure 3) est obtenue avec un transformateur d’isolement 230 / 115-115 (30VA) suivi d’un redressement classique par 2 diodes 1N4007 et d’une cellule de filtrage composée de 2 condensateur 47µF et du secondaire d’un transformateur 230 / 48 (10VA). On obtient ainsi une tension de 170V. La basse tension est obtenue par un simple transformateur 230 / 6. Sa puissance doit être d’au moins 16VA. Remarquez les résistances de 330 ohm permettant de symétriser l’alimentation des filaments. J’ai monté l’alimentation sur une planche de bois. Elle doit être conçue de façon indépendante du récepteur pour pouvoir l’utiliser dans d’autres montages. J’ai ajouté un interrupteur permettant de couper la haute tension.



Quels sont les résultats de ce récepteur ? Inattendus ! L’association d’un schéma original au niveau de l’amplificateur RF, de composants neufs d’excellente qualité et d’une réalisation raisonnée donne une qualité exceptionnelle pour un récepteur 3 lampes. Après 15 minutes de préchauffage il est possible d’écouter une station BLU sur 20 m pendant plus d’un quart d’heure sans retoucher l’accord. Le réglage du gain RF par le potentiomètre d’antenne ne modifie pas la fréquence y compris sur 20 m, ce qui n’est pas le cas avec le récepteur à transistors. La fréquence ne varie que légèrement pendant le réglage de la réaction. Il est quasiment toujours possible d’écouter le 40 m en dépit des stations de radiodiffusion à proximité. J’ai ainsi entendu l’Australie sur 14MHz et les USA sur 3,79 MHz, le tout en BLU.


Reste une difficulté majeure qui a du vous apparaître à la lecture de cet article : où trouver les composants ? La réponse est simple : sur internet. Il est impossible de tout acheter chez le même fournisseur, il faudra donc accepter des frais de port qui restent toutefois raisonnables. Voici donc 4 fournisseurs.


1 Jan Zuerst --- Ask Jan First : Il s’agit d’un fournisseur allemand de tubes, de CV et de biens d’autres choses utiles aux lampistes ! Jan Zuerst parle français. Avant de passer commande il faut l’interroger par E-mail pour les prix exacts. Il répond rapidement. Son adresse internet est : http://www.die-wuestens.de/


2 Conrad Electronique. Ce fournisseur est surtout intéressant pour les transformateurs et les condensateurs à haute-tension ainsi que les plaques de bakélite cuivrée simple face. Il existe aussi quelques lampes (en particulier les équivalences novales des tubes utilisés dans l’article) et des supports. L’adresse est : http://www1.fr.conrad.com


3 Audiotriodes. Il s’agit d’un site français spécialisé dans les tubes, mais qui ne propose qu’une faible sélection. Il est possible de commander directement par internet, l’envoi est extrêmement rapide. Il existe d’excellents supports en stéatite à prix abordable. Voici l’adresse du site : http://www.audiotriodes.com/


4 Sélectronic. Il s’agit d’un excellent fournisseur lillois d’électronique moderne. Vous ne trouverez pas de condensateurs haute-tension ou de condensateurs variables. Par contre c’est un magasin qui vend des condensateurs NPO indispensable au bon fonctionnement des oscillateurs LC. Il s’agit donc d’une adresse indispensable : http://www.selectronic.fr/


5 Site de F5LVG mon propre site. Rien n’y est vendu, mais si ce genre de montage avec des transistors vous intéresse vous y trouverez plein d’idée : http://oernst.f5lvg.free.fr/



Bonne réalisation



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F5LVG







Figure 1 : le récepteur






Figure 2 : système de commutation




Figure 3 : alimentation




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Olivier Ernst

F5LVG


Décembre 2004


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Caractéristiques 6ac7


Caractéristiques 6sc7





Mots clés : détectrice à réaction, récepteur à réaction, 1V1, tubes, tube, ondes courtes, ondes décamétriques.